JE SUIS CITOYENNE CANADIENNE + MON PARCOURS
- Danee

- 16 mai
- 17 min de lecture
Oh, hey ! Ça va ? J'ai récemment franchi une étape importante dans mon parcours en Amérique du Nord : je suis devenue citoyenne canadienne ! Pour marquer cette étape, j'aimerais partager mon processus de demande et mon parcours ici, ainsi que quelques raisons qui m'ont poussée à faire cette demande.
Sommaire
Tout d'abord, un peu de contexte
Pour devenir citoyen.ne canadien.ne, il faut avoir été résident.e permanent.e pendant au moins 1 095 jours (soit l'équivalent de trois ans) au cours des cinq années précédant la demande. Il existe une exception pour les résident.es temporaires, dont je parlerai plus en détail ci-dessous. Étant donné que le fait d'être (ou de devenir) résident.e permanent.e est une condition essentielle pour demander la nationalité canadienne, j'ai fait des posts distincts qui retracent mon parcours jusqu’à l’obtention de ma résidence permanente (RP) au Canada, étant arrivée dans le pays en tant qu'étudiante internationale en décembre 2020.
J'ai écrit l’histoire sur ma RP en 2023, peu après l’avoir obtenue, et j'ai structuré cette histoire en un mini-livre de trois chapitres. Tu ne dois pas forcément lire cette histoire pour comprendre mon processus de demande de nationalité, mais je pense qu'elle fournit un contexte significatif à mon parcours global en Amérique du Nord. Voici l'introduction de cette histoire, ainsi que le chapitre 1, le chapitre 2 et le chapitre 3. Il y a également un récapitulatif où j’ai inclus un screenshot de mon compte IRCC avec toutes mes demandes, du permis d'études à la résidence permanente.
Maintenant, place à mon parcours vers la nationalité canadienne.
Mon parcours vers la nationalité
Quelques éléments de contexte importants
Au cas où tu serais nouvelle ou nouveau ici, où tu n'aurais pas lu l’histoire sur ma RP, ou si tu as simplement besoin d'un rappel, voici quelques détails importants sur mon parcours, par ordre chronologique :
Je suis originaire de la ville de Yaoundé, au Cameroun, où j'ai passé les vingt-et-une premières années de ma vie. J'y ai obtenu une licence avant de partir aux États-Unis pour effectuer des études supérieures.
Je suis arrivée à Chicago en février 2017 et j’en suis partie en juin 2020. Pendant ces quelque trois ans et demi, j'étais étudiante internationale avec un visa F-1. J'ai commencé par suivre un programme d'anglais (ma langue maternelle étant le français), puis j'ai poursuivi mes études avec un MBA. Je suis partie seule aux États-Unis, mais j'avais une sœur à New York. À Chicago, cependant, j'étais seule.
J'ai demandé mon permis de travail (Employment Authorization Document ou EAD, en anglais) environ trois mois avant l'obtention de mon diplôme et je l'ai reçu tout juste trois mois plus tard. C'est ce document qui m'a permis de travailler à temps plein jusqu'à son expiration en mai 2020. En raison de son expiration, de la pandémie de Covid-19 et d'autres facteurs (notamment mon projet de partir au Canada), je suis retournée au Cameroun un mois plus tard, en juin 2020.
Je suis arrivée au Canada en tant qu'étudiante internationale en décembre 2020 pour poursuivre un autre master, cette fois-ci un programme spécialisé d'un an. J'avais commencé ce programme depuis le Cameroun en raison de la pandémie, de sorte qu'à mon arrivée à Toronto, il ne me restait plus que trois trimestres à faire. Je suis venue toute seule, sans connaître personne dans le pays : ni famille, ni ami.es.
J'ai terminé mon programme en août 2021 et demandé le permis de travail post-diplôme en octobre 2021, permis que j'ai obtenu en mars 2022 ; il avait une validité de trois ans.
J'ai demandé la résidence permanente en novembre 2021 dans le cadre d'une politique d’intérêt public temporaire : la voie d’accès de la résidence temporaire à la résidence permanente, dans le cadre du volet Étrangers d’expression française ayant récemment obtenu un diplôme d’un établissement d’enseignement canadien.
Ma demande de résidence permanente a été approuvée en septembre 2022 ; j'ai reçu la confirmation électronique en février 2023 et la carte de RP le mois suivant, en mars 2023. J’étais toujours à Toronto.
Je suis devenue citoyenne canadienne en décembre 2025 à Montréal. ☺️
Processus de demande et chronologie
Je suis devenue citoyenne canadienne exactement cinq ans après mon arrivée au Canada. Cela dit, l'ensemble du processus, depuis la demande jusqu'à la cérémonie de citoyenneté, m'a pris environ six mois.
Comme mentionné précédemment, l'une des conditions essentielles pour demander la nationalité canadienne est d'avoir été résident.e permanent.e pendant au moins 1 095 jours, soit trois ans, à l'exclusion du temps passé à l'extérieur du Canada, le tout au cours des cinq années précédant la date de la demande. Il s'agit là de l'exigence de présence physique.
Je n’aborde pas les conditions requises pour devenir citoyen.ne canadien.ne dans ce post et me focalise surtout sur mon expérience, mais voici une ressource qui les décrit si tu souhaites en savoir plus.
J'ai demandé la nationalité en juin 2025, seulement deux ans après être devenue résidente permanente, grâce à la clause exceptionnelle à laquelle j’ai fait allusion plus haut : certaines personnes peuvent faire valoir un maximum de 365 jours - soit un an - de présence physique si elles ont passé au moins une année en tant que résidentes temporaires avant de devenir résidentes permanentes. C'était mon cas : j'ai été résidente temporaire (RT) de décembre 2020 à février 2023, d'abord en tant qu'étudiante, puis en tant que professionnelle. Ça fait un peu plus de deux ans en tant que RT, mais là encore, je ne pouvais créditer qu'un an à mon exigence de présence physique pour la nationalité.
En octobre 2023, l'année où je suis devenue résidente permanente, j'ai créé ce tracker de présence physique pour compter mes jours passés au Canada et à l'extérieur, haha. Ouais, j'étais excitée et impatiente à ce point ! J'avais hâte de devenir citoyenne canadienne.

En excluant les 42 jours que j'ai passés hors du Canada entre 2020 et 2025, je suis devenue admissible à la nationalité le 26 mars 2025. Mon plan initial était de présenter ma demande quatre jours plus tard, le 30 mars, mais je l'ai finalement fait le 4 juin. À ce moment-là, j'avais largement dépassé les 1 095 jours, ce qui était une bonne chose. J'ai reçu l'accusé de réception le 22 juillet.
À partir de là, j'ai simplement suivi les étapes normales du processus. Je n'ai pas reçu de requête pour les empreintes digitales (probablement parce que je les avais déjà fournies lorsque j'avais demandé mon permis d'études en 2020 ; elles sont valides 10 ans), et je n'ai pas non plus été convoquée à un entretien. La seule chose que j'avais à faire après avoir soumis ma demande était de passer le test de citoyenneté, qui n’était pas très compliqué (le matériel de préparation était également très intéressant et j'en ai beaucoup appris !).
Ci-dessous, un aperçu de mon chronogramme sur l’outil de suivi de l’état des demandes. Je sais que mon processus a été relativement rapide et sans encombre, mais ça m'a fait tellement plaisir de voir le statut de ma demande passer à « Clôturée » après 6 mois de « En attente » !

Quelques notes
J'ai tendance à être obsédée par les choses qui m'emballent mais que je ne peux pas contrôler ; j'ai appris à mieux gérer ça, en partie parce que je me donne des exercices pour forcer la patience. Tu le verras également dans l’histoire sur ma RP, si tu la lis.
Dans le cas de ma demande de nationalité, je me suis donné comme challenge de ne consulter mon outil de suivi qu'une fois par semaine, le mercredi, à partir du mois de septembre environ. Ça ne servait vraiment à rien de vérifier les mises à jour tous les jours ou tous les deux jours : ça ne me rendait en fait que plus anxieuse.
Une semaine, ça peut sembler court, mais pour quelqu'un qui a du mal à lâcher prise et qui a tendance à vouloir tout contrôler, je peux t’assurer que certaines semaines étaient difficiles à vivre sans aucune mise à jour !
J'aimerais maintenant partager quelques informations sur les questions ou les doutes que j'ai eus tout au long du processus, ou sur certaines choses que j'ai vu des gens se demander sur Reddit.
Accès à l’outil de suivi en ligne
J'ai fait ma demande de nationalité canadienne le 4 juin 2025 ; mon accusé de réception est arrivé le 22 juillet, date à laquelle IRCC a commencé à traiter ma demande et raison pour laquelle la première mise à jour sur l’outil de suivi apparaît ce jour-là. Ce n'est qu'après avoir reçu l’accusé de réception qu’on peut accéder à la page web de l’outil de suivi des demandes.
Je n'ai pas pu m'inscrire sur cette page le 22 juillet. J'ai vu quelque part en ligne qu'il fallait compter 2 à 3 jours pour que l’outil fonctionne après avoir reçu l’accusé de réception, mais même une semaine plus tard, je ne pouvais toujours pas créer mon compte, même en essayant sur différents navigateurs. J'ai envoyé plusieurs formulaires de requêtes à IRCC, mais ça n'a pas aidé. Ce n'est qu'un mois plus tard, le 23 août, que j'ai enfin pu accéder à mon outil de suivi. Je ne sais pas exactement quand il a été activé, puisque j'avais arrêté de vérifier tous les jours, mais le jour où il a fonctionné, j'étais au travail et j'ai ouvert l'outil à partir de l'ordinateur du bureau.
Le test de citoyenneté
J'ai été invitée à passer le test de citoyenneté entre le 17 octobre et le 15 novembre 2025. Il était en ligne, et je l’ai passé de chez moi. Pour me préparer au test, je n'ai utilisé que le guide Découvrir le Canada qu’IRCC t’envoie ; j'avais déjà fait une première lecture avant de recevoir l'invitation à passer le test, mais dans l'ensemble, ce n'était pas trop difficile.
Alors que je passais le test le 22 octobre, un onglet s'est ouvert tout seul. Ça m'a un peu inquiétée, parce qu’on n'est pas censé avoir un autre onglet ouvert ou une autre fenêtre ouverte pendant le test, et lorsque je suis revenue à la page du test après avoir fermé l'onglet, j'ai vu un message m'indiquant que je n'étais pas censée m'absenter. Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter puisque mon test a été validé deux jours plus tard (IRCC l'examine avant de le marquer comme terminé).
Cérémonie de citoyenneté + certificat de citoyenneté
La langue, la présence physique et les interdictions (LPP) constituent généralement la dernière étape avant d'être invité.e à la cérémonie de citoyenneté et, d'après ce que j'ai pu constater, ces trois éléments sont généralement mis à jour le même jour sur l’outil de suivi ; dans mon cas, c'était le 28 octobre.
L'attente jusqu'à ce que je sois invitée à la cérémonie, près d'un mois plus tard, a été un peu frustrante, haha. Cela s'explique en partie par le fait que je comparais mon chronogramme à d'autres similaires que je voyais sur Reddit, où les candidat.es étaient invité.es à la cérémonie quelques jours seulement après que leur LPP avait été marqué comme « terminé » (je savais que je ne devais pas faire cela, mais bon 🤷🏾♀️). De plus, la page web de l’outil de suivi a été hors service pendant une semaine entière et comme je m'étais imposé de ne la consulter qu'une fois par semaine, devoir attendre deux semaines pour ouvrir cette page et ne voir aucune mise à jour a été pénible ! 😩
Quoi qu'il en soit, l'activité « Cérémonie de citoyenneté » était marquée comme « En cours » sur mon outil de suivi le mercredi 19 novembre, mais j'ai reçu l'invitation officielle le lundi 24 novembre pour prêter serment environ trois semaines plus tard, le vendredi 12 décembre. Ce jour-là marquait la fin de mon parcours.

Lorsque je remplissais ma demande en juin, j'avais demandé un certificat électronique, mais pour une raison que j’ignore, on m'a remis un certificat papier lors de la cérémonie. Peut-être parce que ma cérémonie était en présentiel et non virtuelle ? J'ai lu que le format de la cérémonie n'avait pas d'incidence sur le format du certificat, donc je ne sais pas trop pourquoi on n'a pas honoré ma requête initiale. Dans l'ensemble, ça n'avait pas beaucoup d'importance, et j'ai en fait apprécié recevoir mon certificat papier lors de la cérémonie, haha. Je l'ai scanné dès que je suis rentrée chez moi, donc pas de problème du tout !
Demande de mon premier passeport
Quelques conditions
En prévision de ma demande de passeport (et parce que je me maquille rarement), j'ai décidé de faire mes photos d'identité juste après la cérémonie, le 12 décembre 2025. Ce ne sont pas elles que j’ai finalement utilisées, mais ça, c’est une autre histoire.
Il faut généralement attendre 2 à 3 jours ouvrables après la cérémonie pour demander un passeport, mais comme je suis devenue citoyenne au cours du dernier mois de l'année et que je n'avais pas un besoin urgent de passeport, j'ai décidé d'attendre la nouvelle année pour en faire la demande et bénéficier d'une année complète de validité.
Il est nécessaire d’avoir un.e garant.e pour une première demande de passeport, et cette personne doit être un.e citoyen.ne canadien.ne qui te connaît depuis au moins deux ans. Comme je l'ai mentionné dans les détails importants plus haut, je suis arrivée seule au Canada et je ne connaissais personne. Au fil du temps, j'ai rencontré des gens, dont certains sont citoyens canadiens, mais je n’étais pas confortable à l’idée de demander à l'un d'entre eux d’être mon garant pour ma première demande de passeport.
Dans ce cas, en plus des deux références requises, j'ai dû en fournir deux autres (qui doivent résider aux États-Unis ou au Canada), obtenir et remplir un formulaire de déclaration faute de garant, et le faire certifier par un notaire. Ce formulaire n'est pas disponible sur le site web de l'IRCC ; j'ai donc dû me rendre dans un bureau de Passeport Canada pour l'obtenir. L'agent à qui j'ai initialement parlé ne voulait pas me le donner, affirmant que le formulaire n'était disponible que pour les personnes résidant au Canada depuis moins de deux ans et que, comme j'étais ici depuis cinq ans, j'avais besoin d'un garant. J'ai insisté sur le fait que je ne connaissais personne de suffisamment proche qui pourrait remplir ce rôle, et c'est alors qu'il m'a dirigée vers quelqu'un d'autre qui m'a donné le formulaire.
Assermentation du formulaire de déclaration faute de garant
Pour faire certifier sous serment le document, je me suis rendue chez une commissaire à l'assermentation chez Accès Montréal. J'ai également apporté mes photos de passeport et une copie de ma pièce d'identité pour que la commissaire les signe et les cachette (elle devait seulement signer et cacheter le dos d'une seule photo, pas les deux). Chaque signature a coûté 5 dollars. Un.e commissaire à l'assermentation dans ce cas fait essentiellement ce qu'un.e garant.e aurait fait gratuitement, haha.
Si tu choisis cette option, il est important de ne pas signer tes documents avant de te rendre chez le/ la commissaire à l'assermentation ; le but est que cette personne vérifie ton identité et atteste que tu as effectivement signé les documents en sa présence. J'ai rempli une partie de mon formulaire de déclaration à l'avance et je l'ai complété chez la commissaire à l'assermentation avant de tout signer en sa présence. Dans l'ensemble, le processus s'est déroulé sans encombre.
Délais de traitement
Le délai de traitement standard pour les demandes de passeport est de 10 à 20 jours ouvrables, mais ma demande a pris plus de temps à être traitée, entre autres parce qu'une amie que j'avais désignée comme référence était hors du pays lorsque le bureau de passeport a commencé à appeler mes références. Mon amie a dû rappeler le bureau à son retour au Canada.
J'ai été surprise lorsque mes amies m'ont dit que le bureau de passeport les avait appelées : je me disais que la demande de références n'était qu'une formalité. Je veux dire... vu le nombre de demandes de passeports à traiter chaque jour, je ne pensais pas qu'ils avaient le temps de vérifier les références une par une. Je comprends qu’ils l’ont, même si ça semble varier selon les cas, parce que j'ai vu d'autres personnes obtenir leurs passeports sans vérification de références. Dans mon cas, ils ont demandé à mes références des informations telles que mon adresse, ma profession et depuis combien de temps elles me connaissaient. Ils ont même demandé ma taille, la longueur de mes cheveux et la couleur de mes yeux ! 😆
Lorsque j'ai fait ma demande le 5 janvier 2026, l'agente m'a dit que mon passeport serait prêt deux semaines plus tard, le 19 janvier, avant de m'être envoyé par la poste et d'arriver potentiellement à la fin de cette semaine-là, soit un total d'environ trois semaines. Avec les retards, j'ai reçu mon passeport le 12 mai. Ça ne m’a pas particulièrement embêtée, puisque je n’avais pas de voyage de prévu.

En tout, l’ensemble de la procédure, de la demande de nationalité à l’obtention de mon passeport a pris près d’une année entière, de juin 2025 à mai 2026.
Pourquoi j'ai demandé la nationalité canadienne : le passport privilege
Lorsque je suis arrivée au Canada en 2020, je n'avais pas l'intention de demander la nationalité ; pendant toute ma première année, je pensais en fait m'arrêter à la résidence permanente. Cela s'expliquait en partie par le fait que je pensais (à tort) qu'une carte de résident.e permanent.e suffirait pour me permettre de voyager à travers le monde sans restrictions liées aux visas. Je n'étais pas non plus particulièrement intéressée par la vie politique canadienne, que ce soit en tant qu'électrice ou autre, et je ne voyais donc vraiment pas l'intérêt de devenir canadienne. Le processus me semblait également très lointain, puisque je n'étais alors qu'une étudiante internationale et je savais que je devais d'abord obtenir un permis de travail post-diplôme et ma carte de résidente permanente.
En mûrissant et en vivant certaines expériences à l'intérieur et à l'extérieur du pays (et après avoir réalisé que ma carte de résidente permanente ne me donnait pas accès sans visa à autant de pays que je le pensais initialement), j'ai commencé à envisager de demander la nationalité canadienne. La plupart des raisons qui m'ont finalement poussée à le faire sont privées, mais j'aimerais en partager quelques-unes. De manière générale, je suis devenue intimement familière avec le concept de passport privilege (privilège lié au passeport). De tous les privilèges qui existent et des inégalités qui en découlent, celui-ci m'a particulièrement marquée : être victime de discrimination en raison de ma nationalité et de mon passeport m'a à la fois ouvert les yeux et enragée. Je voudrais partager quelques situations qui me viennent à l'esprit.
Deux petites histoires
La moins belle
Lorsque je suis rentrée chez moi au Cameroun durant l'été 2023, c'était pour une urgence familiale. Je travaillais chez Accenture et ma manager de l'époque m'avait communiqué quelques ressources pour m'aider à réserver un vol à tarif réduit compte tenu de ma situation. Lorsqu'elle m'a parlé de ces ressources durant notre appel, avant même de les recevoir, je me doutais déjà que je ne serais pas admissible en raison de mon pays d'origine.
Et j'avais raison.
Quand elle m'a envoyé les liens vers ces ressources, les deux compagnies aériennes qu'elle avait mentionnées n'offraient pas de réduction pour les vols vers le Cameroun. J'ai cherché des programmes similaires auprès d'autres compagnies aériennes, mais je n'ai rien trouvé auquel je pouvais prétendre. En soi, ça ne m'a pas trop déçue, parce que, comme je l'ai dit, je m'y attendais déjà.
Ce qui m'a vraiment dérangée, c'est ce qui s'est passé lors de mon vol retour au Canada. Afin de dépenser le moins d'argent possible, j'avais réservé un billet aller-retour (Toronto-Yaoundé, puis Yaoundé-Toronto) auprès d'une agence de voyage pour près de 3 000 dollars (oui, autant que ça), les vols étant assurés par Air France.
Mon vol aller n'avait qu'une seule escale, à Paris, mais mon vol retour en avait deux : une à Paris et l'autre à Amsterdam. Le voyage de Toronto à Yaoundé s'est déroulé sans problème, mais lorsque j'ai essayé d'embarquer pour mon vol vers Toronto à la fin de mon séjour, on m'a informée que cela ne serait pas possible car je n'avais pas de visa de transit.
« Un visa de transit ? Comment ça ? Je n'aurai pas besoin de sortir de l'aéroport », ai-je répondu à l'agente au comptoir d'Air France. Chaque escale durait six heures ou moins.
L'agente m'a répondu qu'en raison de mon passeport, je ne pouvais pas m'arrêter dans deux pays ou plus de l'Union européenne sans visa de transit valide, même si aucun de ces pays n'était ma destination finale. Ce n'était mentionné nulle part sur mon billet, et je n'avais jamais entendu parler d'une telle chose.
J'avais déjà le statut de résidente permanente et un emploi qui m'attendait à Toronto, mais ce n’était pas suffisant pour monter à bord de mon avion. J'ai donc raté mon vol et j'ai dû dépenser 3 000 dollars supplémentaires pour réserver un billet aller simple pour Toronto le lendemain, puisque je devais retourner au travail peu après mon arrivée.
Pas de fraude. Pas de séjour abusif ou dépassé. Juste un passeport « faible ».
À l'époque, même si j'avais déjà fait quelques progrès dans la gestion de mes finances personnelles, cette dépense imprévue a été un revers majeur. Heureusement, c'est en 2023 que je suis devenue résidente permanente et que je pouvais maintenant obtenir des marges de crédit, ce qui n'était pas le cas lorsque j'étais étudiante internationale ou que je travaillais avec un permis de travail post-diplôme. J'avais fait une demande et obtenu une marge de crédit quelques mois plus tôt, sans savoir que c’est ainsi qu’elle me serait finalement utile.
L’image de moi, assise à la porte d'embarquement de l'aéroport Charles de Gaulle, me revient : je pleurais parce que je venais tout juste de réussir à rembourser une dette précédente, mais je me retrouvais maintenant avec une dette supplémentaire simplement à cause du passeport que je détenais.
J’étais de retour à Toronto en août 2023, et c'est en octobre de cette année-là que j'ai créé le tracker de présence physique que j'ai montré plus haut. Il me restait encore deux ans à attendre, mais j'étais impatiente de devenir citoyenne canadienne pour ne plus jamais avoir à emprunter de l’argent pour réserver un billet d'avion supplémentaire parce que je ne pourrais pas faire deux escales quelque part.
La meilleure
Par coïncidence, un évènement positif qui m'a donné envie de devenir citoyenne canadienne s'est produit lors de ce même voyage : lorsque j'ai atterri à Toronto en août 2023 et qu'il était temps de passer la sécurité avant d'entrer au Canada, tout ce que j'avais à faire était de scanner ma carte de résidente permanente et mon passeport à l'un des kiosques libre-service. C'était tout.
Personne ne m'a demandé de documents ; personne ne m'a fait sortir de la file d'attente pour vérifier mon passeport ou autre chose ; personne ne m'a posé de questions. Je n'ai en fait interagi avec personne avant de monter dans mon Uber pour rentrer chez moi. Je n'avais jamais vécu une expérience aussi fluide en entrant dans un pays qui n'était pas le mien.
Ça m’a semblé presque anormal : j'avais pris l'habitude d'emporter avec moi une multitude de documents pour prouver mon statut et ma capacité financière à séjourner aux États-Unis ou au Canada. Le simple fait de devoir seulement scanner ma carte de résidente permanente canadienne et mon passeport camerounais m'a donné envie d'arriver bientôt au jour où je n'aurais plus qu'à scanner mon passeport canadien. Tu imagines ?
Autres facteurs
Outre ces deux évènements, d'autres facteurs m'ont motivée à demander la nationalité canadienne, tous liés à ma vision de la vie. Voici deux que j'aimerais partager.
Carrière et constitution d'un patrimoine
Ayant toujours souhaité mener une carrière internationale, j'ai réalisé que ce serait plus difficile sur le plan logistique avec un passeport « faible ». Il y a ensuite tout ce qui tourne autour de la constitution d'un patrimoine. Depuis 2022, je me suis lancée dans un parcours d'éducation financière et de constitution d'un patrimoine, en m'éduquant et en essayant d'accéder à certains outils pour m'aider dans cette démarche.
Plusieurs de mes options étaient limitées lorsque j'étais résidente temporaire, mais même en tant que résidente permanente, l'idée de constituer un patrimoine à l'échelle mondiale sans me soucier des limitations géographiques semblait nécessiter quelque chose de plus solide. Une nationalité, bien entendu.
Style de vie et perspectives d'avenir
Et, bien sûr, il y a les voyages (de loisir). Je veux dire... Je peux désormais me rendre dans 85 % des pays du monde sans visa ou avec un visa à l'arrivée, contre 30 % avec mon seul passeport camerounais.
Ayant connu depuis le jeune âge les procédures de demande de visa à des fins diverses pour différents pays sur différents continents, je ne prends pas pour acquis le fait de pouvoir réserver un billet, faire ma valise et partir.
Enfin, en réfléchissant à d'autres aspects de ma vie à la lumière de mes expériences, ça me réconforte un peu de savoir que si j'ai des enfants, ils n'auront pas à vivre ce que j'ai vécu. Tout au moins, s'ils étudient au Canada, leurs frais de scolarité ne seront pas trois fois plus élevés que ceux des citoyens canadiens ou des résidents permanents. Puisque je prévois que leurs études soient payées dans leur intégralité sur fonds propres, ils n'auront pas non plus à supporter le poids d'un prêt étudiant.
Ayant fait mes études supérieures aux États-Unis sans aucune dette grâce à ma famille, je suis extrêmement reconnaissante pour ce cadeau, un cadeau qui a été mis en perspective depuis que j'ai contracté un prêt pour étudier au Canada.
Réflexions finales
C’est tout pour mon parcours vers la nationalité canadienne et certaines des raisons qui m'ont poussée à faire cette demande. Être la première ou le premier à faire quelque chose est difficile, et c'est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'immigrer dans un pays loin de chez soi. Si tu es dans une situation similaire, je te souhaite courage et force ; je t’applaudis en chemin ☺️. Et si tu viens toi-même d'obtenir la nationalité d'un autre pays, je t’en félicite ! 🎉🥳
J'espère également que le fait de jeter un œil à mon parcours t’aura été utile. Voici un résumé (partiel) de ce parcours sur TikTok, si tu souhaites le découvrir. Merci de m'avoir lue et/ou d’avoir regardé la vidéo.
Câlins,
Danielle




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